Encore une histoire

Il court une prairie encore vierge. La veste à moitié boutonnée, au vent, enivré, il crie. Depuis ce matin, il attend de pouvoir courir, depuis ce matin, la terre a cette senteur d'après pluie. Il court, ils courent et ils sautent, parfois tombent. Il n'a pas l'habitude de courir comme ça, pour rien; mais il l'a attendu toute la journée ce moment. Là il se lâche, plus de raison de se retenir, c'est maintenant ou jamais. Mais ça se couvre, ce serait dommage qu'une ondée vienne gâcher cette euphorie dominicale. Oui, c'est dimanche, il a plu pendant la nuit mais depuis la messe ce matin, le soleil les a gratifié d'un de ses plus beaux sourires. Cours, saute, ce n'est rien d'autre qu'un jeu. Un jeu électrisant, un jeu de diablotins qui se chamaillent en criant. C'est son tour de tomber.

Un, deux trois Eclair!
Il s'affale dans la boue grasse de tripes, un barbelé dans le pied, le fer au fond du poumon. Le no man's land l'a pris quand le 75 a rugi.
Encore une histoire

# Posted on Wednesday, 19 December 2007 at 10:17 AM

Edited on Thursday, 20 December 2007 at 6:45 PM

Bonne fête joël

Il y a approximativement deux milliards d´enfants (moins de 18 ans) sur terre.
Cependant, comme le père Noël ne visite pas les enfants musulmans, hindous, juifs ou bouddhistes (sauf peut-être au Japon), ceci réduit la charge de travail pour la nuit de Noël a 15% du total, soit 378 millions.
En comptant une moyenne de 3.5 enfants par foyer, cela revient à 108 millions de maisons, 54 millions en présumant que chacune comprend au moins un enfant sage.
Le père Noël dispose d´environ 31 heures de labeur dans la nuit de Noël, grâce aux différents fuseaux horaires et à la rotation de la terre, dans l´hypothèse qu´il voyage d´est en ouest, ce qui parait d´ailleurs logique.
Cela revient à 967,7 visites par seconde.

Cela signifie que pour chaque foyer chrétien contenant au moins un enfant sage, le père Noël dispose d´environ un millième de seconde pour parquer le traîneau, sauter en dehors, dégringoler dans la cheminée, remplir les chaussettes, distribuer le reste des présents au pied du sapin, déguster les quelques friandises laissées à son intention, regrimper dans la cheminée, enfourcher le traîneau et passer à la maison suivante.
En supposant que chacun de ces 108 millions d´arrêts sont distribués uniformément à la surface de la terre, (hypothèse que nous savons fausse, bien sûr, mais que nous accepterons en première approximation),
nous devrons compter sur environ 1,4 kilomètres par trajet.

Ceci signifie un voyage total de plus de 150 millions de km, sans compter les détours pour ravitailler ou pisser.
Le traîneau du père Noël se déplace donc à 1170 km/s (3000 fois la vitesse du son). A titre de comparaison :
le véhicule le plus rapide fabriqué par l´homme, la sonde spatiale Ulysse, se traîne à 49 km/s.
600 000 tonnes voyageant à 1170 km/s créent une énorme resitance à l´air.

Celle-ci ferait chauffer les rennes, au même titre qu´un engin spatial rentrant dans l´atmosphère terrestre.
Les deux rennes en tête de convoi absorberaient chacun une énergie calorifique de 14 300 millions de joules/s.
En bref, ils flamberaient quasi instantanément, exposant dangereusement les deux rennes suivants.
La meute entière de rennes serait complètement vaporisée en 4.26 millièmes de secondes, soit juste le temps pour le père Noël d´atteindre la cinquième maison de sa tournée.

Pas de quoi s´en faire de toute façon, puisque le père Noël, en passant de manière fulgurante de zéro à 1170 km/s en un millième de seconde, serait sujet à des accélérations allant jusqu´à 17 500 G´s.
Un Père Noël de 125 kilos (ce qui semble ridiculement mince) se retrouverait plaqué au fond du traîneau par une force de 2 157 507,5 kilos, écrabouillant instantanément ses os et ses organes et le réduisant à un petit tas de chair rose et tremblotante.

C´est pourquoi, le père Noël a existé, mais il est mort maintenant.
Bonne fête joël

# Posted on Thursday, 20 December 2007 at 6:23 PM

Edited on Thursday, 20 December 2007 at 6:46 PM

Goodbye blue sky

Goodbye blue sky
Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants.

# Posted on Thursday, 20 December 2007 at 6:25 PM

Edited on Friday, 21 December 2007 at 11:15 AM